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 Quand un faussaire doit prouver que ses timbres sont faux

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Quand un faussaire doit prouver que ses timbres sont faux
    
Chers collectionneurs,
Voici une petite histoire philatélique que nous avions envie de partager avec vous.
    
En 1942, Jean de Spérati, l'un des faussaires les plus célèbres de l'histoire de la philatélie, envoie 18 timbres à un négociant installé au Portugal. Le courrier est intercepté par les douanes françaises.
   
En découvrant les timbres, celles-ci pensent avoir affaire à de véritables raretés de grande valeur et reprochent à Spérati de les avoir exportées sans les déclarer. Sa défense est alors plutôt inattendue : ces timbres n'ont pas la valeur qu'on leur prête... puisqu'ils sont faux. Et c'est lui qui les a fabriqués.
   
L'affaire aurait presque pu s'arrêter là. Seulement, les experts appelés par la justice examinent les timbres... et les déclarent authentiques. Le criminologue Edmond Locard arrive lui aussi à cette conclusion.
   
Spérati se retrouve donc dans une situation assez extraordinaire : pour ne pas être condamné pour avoir exporté de véritables timbres de grande valeur, il doit réussir à prouver que ses propres faux sont bien des faux. Il finit notamment par présenter au tribunal plusieurs séries identiques aux pièces saisies. Mais il va encore plus loin. Pris individuellement, ils passent pour authentiques. Ce n'est qu'en découvrant l'existence de plusieurs exemplaires absolument identiques que la supercherie devient évidente.
   
Une situation assez savoureuse : Spérati avait fabriqué des faux d'une telle qualité qu'il dut lui-même fournir les preuves permettant de convaincre les experts qu'ils s'étaient trompés. Il sera finalement acquitté de l'accusation principale dans cette affaire de douane. Mais ses démêlés avec la justice ne s'arrêtent pas là.
   
Quelques années plus tard, une nouvelle procédure est engagée contre lui pour ses activités de faussaire. En 1952, il est condamné pour escroquerie à deux ans de prison. Les sources indiquent cependant qu'en raison de son âge avancé, il n'aurait finalement pas réellement été incarcéré. 
   
Une fin assez particulière pour un homme qui avait passé une partie de sa vie à fabriquer des reproductions capables de tromper jusqu'aux experts eux-mêmes. Aujourd'hui, les faux de Spérati sont devenus à leur tour des pièces recherchées et collectionnées pour ce qu'ils sont : les témoins d'une histoire assez singulière de la philatélie.
   
Nous venons justement d'en mettre en ligne deux beaux exemplaires, et leur arrivée nous a donné envie de vous raconter cette histoire.
   
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Date de création : 2026/10/07 # 10:24
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